D’APRÈS L’ANTIQUE, AMOUR À L’AMPHORE DESTINÉ À UNE FONTAINE – XIXE SIÈCLE

Amour portant une amphore sur l’épaule, d’après l’antique.
Bronze à patine mordorée.
XIXe siècle.

Hauteur 45 cm

Cette sculpture en bronze représente Eros tenant une amphore sur l’épaule. Il avance tout en levant sa main droite en signe de salut. Le dieu est reconnaissable à sa tresse partant de l’occiput et se terminant en petit chignon dont les mèches retombent sur le front.

Le léger contraposto de son corps ainsi que le mouvement du bras et des jambes apportent une dynamique donnant l’impression qu’il est en mouvement.

Les traits prononcés de son visage ajoutent de la sensualité à cette représentation de l’amour.

Notre bronze est fondu à la cire perdue en plusieurs parties soudées par la suite, on note la présence d’anciens trous d’évent rebouchés. Un grand soin a été apporté au traitement de la tête et notamment des cheveux ainsi que des pieds. Il est de même dimension que l’original.

Le modèle antique a été découvert le 28 janvier 1751, dans le cadre d’une campagne d’exploration qui dura de 1750 à 1765 dans la villa dei Papiri (villa des Papyrus) à l’extérieur du site d’Herculanum. Quatre-vingt-treize œuvres d’arts ont été mises au jour dans cette villa connue pour son décor exceptionnel.

Initiées en 1738 par Charles de Bourbon, le chantier de fouille d’Herculanum livra tellement d’objets antiques qu’un museum fut mis en place en 1750 à Portici, commune attenante à Naples, dans une annexe du palais royal. Les collections appartenaient à Charles de Bourbon mais étaient organisées thématiquement et le voyageur devait entamer de longues procédures pour avoir accès au museum qui était pourtant devenu, dès son ouverture, connu comme le plus riche cabinet d’antiques d’Italie grâce aux reproductions faites par les artistes admis dans le palais ainsi que les gravures des œuvres qui circulaient chez les aristocrates européens.

Ce modèle, qui se trouvait originellement dans le jardin de la villa des Papyrus, a peu été reproduit, contrairement aux plus célèbres sculptures issues de la même villa telles que l’Hermès assis, le jeune coureur, des bustes de Scipio, Sénèque, Dionysos et de nombreux autres chefs-d’œuvre en bronze que contenait la demeure.

Jérôme de Lalande livre une description complète du palais de Portici en 1769, on sait également que Charles-Nicolas Cochin a eu accès aux collections puisqu’il fit la critique de plusieurs œuvres d’art provenant du même lieu. De nombreux artistes voyageurs ont certainement eu accès, dès les années 1750, à ces œuvres.

L’original est aujourd’hui exposé au musée archéologique de Naples, sous le numéro d’inventaire 5023.

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