Table à colonnes « Nevski »
Table à colonnes « Nevski »
Chêne, ici présenté avec un plateau en brèche violette — autres marbres disponibles sur demande
90 x 173 x 78 cm (27.6 x 68.1 x 30.7 in.) — autres dimensions sur demande





Conçue par David Prot, cette table à colonnes traduit en mobilier le portique tétrastyle de la porte Nevski de la forteresse Pierre-et-Paul de Saint-Pétersbourg. Élevée en 1787 sur les plans de Nikolaï Lvov, la porte est une composition néoclassique de colonnes toscanes liées deux à deux par des bossages massifs en pointes de diamant, qui protègent le bas des fûts et confèrent à l’ensemble une sévérité à la mesure du lieu.
La porte tient son nom de la Neva, le fleuve dont Alexandre Nevski, saint orthodoxe et héros national russe, a tiré son surnom — et dont Pierre le Grand fait le patron de sa nouvelle capitale en y faisant transférer ses reliques en 1724. Durant la grande guerre de la Russie contre contre la Suède, Pierre avait fondé la forteresse en 1703 sur l’île aux Lièvres, première pierre d’une métropole tournée vers l’Europe ; la cathédrale Pierre-et-Paul (1712-1733), au centre de la forteresse, est alors faite nécropole des Romanov, où reposent, entre autres, Pierre lui-même et Catherine II. Le célèbre film de Sergeï Eisenstein, Alexandre Nevski (1938), dans lequel le prince affronte les chevaliers teutoniques — écho manifeste de la menace que l’Allemagne nazie faisait alors peser sur l’URSS, atteste la place du héros dans la mémoire russe à travers les changements de régime : les premiers tsars, l’Empire russe et même l’URSS.
La sentence inscrite sur l’architrave de la façade du temple, Virtus junxit mors non separabit : « la vertu a lié ce que la mort ne séparera pas », fait allusion aux bossages en pointes de diamant reliant deux à deux les colonnes de la porte, tandis que l’inscription portée sur chaque côté de la table, Ordo ab chaos : « l’ordre à partir du chaos », renvoie au métier d’architecte.



