Allégories de l’Architecture, de la Sculpture, de l’Histoire et de la Philosophie, attribuées à l’entourage de Marcantonio Franceschini et Carlo Cignani
Allégories de l’Architecture, de la Sculpture, de l’Histoire et de la Philosophie, attribuées à l’entourage de Marcantonio Franceschini et Carlo Cignani
Huile sur toile
Bologne
Fin du XVIIe siècle
96 × 76 cm sans accessoires (37.8 × 29.9 in.)
112 × 90 cm avec accessoires (44.1 × 35.4 in.)








Ces quatre allégories, figurant l’Architecture et la Sculpture, l’Histoire et la Philosophie, ont été données par tradition à Lorenzo Pasinelli (1629-1700), attribution invérifiable, mais qui situait déjà l’origine des peintures à Bologne ; or à Bologne était actif aussi Marcantonio Franceschini (1648-1729), peintre d’un « carraccisme néo-corrégien adouci »1, qui affectionnait les peintures allégoriques traitées en médaillon ; en témoignent deux allégories, la Justice et la Prudence, peintes vers 1691 pour le prince Johann Adam Andreas Ier de Liechstenstein ; ainsi que deux autres toiles du même format, une allégorie de la Libéralité et une Venus et l’Amour au Museo Davia Bargellini à Bologne, également attribuées à Franceschini.
On décèle d’ailleurs, dans la Prudence du prince de Liechtenstein, une certaine naïveté dans le modelé des mains, que l’on retrouve encore dans une Sibylle du Musée national de Stockholm, attribuée à Franceschini par Federico Zeri2, ainsi qu’une tendance, comme dans la Vénus de Bologne, à donner à ses figures féminines même les plus gracieuses des épaules étrangement fortes. Ces quelques idiosyncrasies, le recours au format en médaillon pour les figurations allégoriques et le type même de ces femmes à la fois puissantes et idéalisées, incitent à situer les quatre allégories sinon dans l’entourage de Franceschini, au moins dans la succession de son maître Carlo Cignani (1628-1719), peintre d’un « délicat corrégisme »3, d’ailleurs fort proche de Pasinelli4.
Les quatre grands médaillons ont certainement fait partie d’un grand décor bolonais de la fin du Seicento ; le nettoyage des toiles et de leurs cadres, sans aucun doute originaux, a laissé apparaître des repeints de pudeur sur la poitrine de l’Architecture et de la Sculpture, qui ont donc été retirés.
Bibliographie
Voir Maestri della pittura del Seicento Emiliano, cat. exp., Bologne, 1959 et The Age of Correggio and the Carracci. Emilian Painting of the Sixteenth and Seventeenth Centuries, cat. exp., Washington, 1986.