Vue des Jardins de la Villa Borghèse, par Fleury Épinat
Vue des Jardins de la Villa Borghèse, par Fleury Épinat
Vue des Jardins de la Villa Borghèse, par Fleury Épinat
Aquarelle sur papier
Rome
ca. 1787
62,5 x 81 ( x 31.9 in., avec accessoires)

La veduta montre le mur en hémicycle de la Grottone dei Leoni, près du Giardino del Lago de la Villa Borghese, lieu que l’on peut identifier avec précision grâce à trois antiquités relevées par l’artiste : un grand relief funéraire (inv. CLXXXVIII), un sarcophage à thiase marine (inv. LXXXVII) et une klinè (inv. CLXXXVII) lui servant de couvercle, tous issus des collections Borghèse. Leur réunion au Giardino del Lago est attestée par un dessin de Charles Percier daté de 1786-1787, dont les esquisses ont largement servi à retracer les déplacements des antiquités Borghèse à la fin du XVIIIe siècle (cf. Rome, 2012, p. 55 sq.).
Bien que marbres ne figurent pas à l’inventaire des salles II et VI du Palazzo qu’en 1832 (Nibby, 1832, pp. 74, 110 sq.), le sarcophage et la klinè avaient pourtant déjà quitté les jardins avant 1805, comme en témoigne une vue du même lieu issue d’un album d’esquisses du peintre bolonais Antonio Basoli, présent à Rome cette année-là : le relief funéraire y demeure à la même place, flanqué des mêmes colonnes fuselées — quoique légèrement modifiées, mais l’on n’y voit plus ni le sarcophage ni la klinè (Riccomini, 2007, pp. 169-172). Puisque l’aquarelle donne encore à voir les trois marbres réunis, son exécution précéder cette dispersion, c’est-à-dire dire être antérieure à 1805.
La provenance de l’aquarelle — le château de Busset — l’inscrit par ailleurs dans un ensemble d’esquisses, de dessins et d’aquarelles d’origine ou d’école lyonnaise. Plusieurs de ces feuilles, de la même main que la nôtre, ont avec elle en partage une même manière de traiter les feuillages et les herbages, par gestes triangulaires accumulés, que l’on retrouve sur plusieurs œuvres signées de Fleury Épinat (1764-1830), un élève de David, qui suivit son maître à Rome en 1784 et n’a regagné la France qu’en 1800 (Vingtrinier, 1854, p. 4). Il était proche à Rome d’un autre Lyonnais davidien, Philippe-Auguste Hennequin qui, ayant lui aussi accompagné David, évoque dans ses mémoires les fois où, vers 1787, il parcourait avec Épinat les environs de Rome, et notamment le « jardin du cardinal » (Hennequin, 1933, p. 99 sq.), c’est-à-dire les jardins de la Villa Borghèse.
L’aquarelle, sous verre ancien, est dans son cadre d’époque, qui s’est légèrement voilé.
Bibliographie
Voir Antonio Nibby, Monumenti scelti della Villa Borghese, Rome, 1832 ; Aimé Vingtrinier, Biographie des artistes lyonnais, vol. I, Lyon, 1854 ; Beata di Gaddo, L’architettura di Villa Borghese. Dal giardino privato al parco pubblico, Rome, 1997 ; et « “Un vero Paradiso Terrestre” : il Parco di Villa Borghese nei disegni di Antonio Basoli (1805) », dans Prospettiva, n° 126-127, 2007.